| CHRISTIAN BOLTANSKI "Dernières années" MUSEE D'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS 11, avenue du Président Wilson 75116 Paris Tél. : 33 01 53 67 40 00 Fax : 33 01 47 23 35 98 |
![]() "Les Portants" |
15 mai - 4 octobre 1998 Première manifestation d'importance à Paris depuis "Leçons de Ténèbres" en 1986 à la chapelle de la Salpêtrière, l'exposition "Dernières Années" de Christian Boltanski, figure importante de la scène artistique française, sera conçue comme une seule oeuvre, comme "un chemin", selon l'expression de l'artiste, au sein duquel le visiteur pourra progresser. Le spectateur pénétrait d'abord dans la grande salle du rez-de-chaussée bas du musée, plongée dans l'obscurité et où sera présenté Menschlich (1994), pièce monumentale constituée d'environ 1500 photographies d'êtres humains anonymes (photo-souvenirs ou mémoires de défunts) qui ont formé la matière de plusieurs oeuvres de l'artiste. Il continuait, dans la même atmosphère de pénombre, dans une autre salle où Les Registres du Grand Hornu (1997), une installation de boîtes métalliques, évoquaient le souvenir d'enfants qui ont travaillé dans les mines en Belgique entre 1910 et 1940. Plus loin, les Lits, un ensemble d'oeuvres inédites (1998), les Images Noires, série de cadres sans image (1996) et les Portants (photographies noir et blanc recouvertes de tissu, 1996) constituaient une sorte de passage entre la vie, l'anéantissement, et le repos de la mort. Puis il accèdait au sous-sol du musée où seront exposés La Réserve du Musée des enfants (1989), entassement de vêtements d'enfants, appartenant aux collections du musée, et Perdu (1998), environ 5000 objets trouvés, accumulés sur des étagères. Avec un vocabulaire simple et dépouillé, une présentation minimale mais imposante, l'exposition "Dernières Années" fut centrée sur le rapport absence/présence de l'homme, sur la mémoire, la perte de l'identité dans l'oubli et la disparition, mais aussi sur l'histoire personnelle et unique de chaque individu pris dans la masse de la collectivité et de l'anonymat. Elle était ainsi exemplaire de la dimension émotionnelle, humaine, voire humaniste de l'oeuvre de Christian Boltanski. Pendant la durée de l'exposition, des portraits extraits de Menschlich furent visibles dans Paris sur des panneaux d'affichage "Dauphin".
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